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CINEMALEXApril 26 Ponyo sur la falaiseA dire vrai, le cinéma m’a manqué. Ce blog a été éteint un peu trop longtemps à mon goût et rien de tel qu’un film pour enfant pour décompresser un peu, oublier ses soucis et replonger la tête la première dans d’autres univers où sagesse et rapports humains ont un sens. Avec le dernier Miyazaki, je dois dire que de fortes sensations sont remontées d’un coup ! Un film profond et mignon qui vous emmène tout droit vers l’essentiel, surtout en ces temps de crise. Ponyo, fille de la déesse des océans, est fascinée par le monde des humains. Intrépide, la princesse poisson rouge s’approche parfois trop près du rivage, et est rappelée à l’ordre par le sorcier Fujimoto, son père, qui la séquestre dans les fonds sous-marins pour la protéger. Un jour, elle parvient à échapper à sa vigilance. Mais une vague la projette dans un pot de confiture, qui s’échoue sur la plage. Un petit garçon de 5 ans, Sosuke, la sauve et la ramène dans sa maison au sommet de la falaise. Il promet de toujours la protéger. Mais Fujimoto la retrouve et l’oblige à rentrer avec lui. Non, le film n’est pas naïf ! J’entends trop souvent ce genre d’arguments aux bouches de ces gens qui se refusent à mettre les pieds dans des salles obscures pour aller voir un dessin animé où souvent, les deux protagonistes sont de jeunes enfants. La pureté étant au service de l’intelligence et de l’humanité, le réalisateur signe encore une fois un film qui défend de grandes idées. Que se soit l’écologie, la politique économique et sociale ou la difficulté des rapports humains, Miyazaki continue de nous bluffer par son éternel engagement et sa capacité à inventer de nouveaux univers. Cette fois, c’est un film post-tsunami qui nous est livré. A travers un regard de nouveau écologiste, Ponyo sur la falaise rentre de pleins pieds dans une grande réflexion sur le rapport à la nature compliquée. De cette terre et de cette mer constamment en danger, le cinéaste se plait à nous faire des appels de phares pour nous faire prendre conscience du malaise. Et ça marche ! En mettant en scène un univers aquatique fantasmagorique et une mer qui elle aussi peut se venger quand elle est agressée, le spectateur est sans cesse ballotté entre la beauté du dessin, la magie de la narration et la dureté du propos. Loin d’une quelconque naïveté cinématographique, se cache derrière ce film un vrai discours sur le fait que notre terre doit être protégée. A force de ne pas la respecter et de la rendre de plus en plus malade, celle-ci pourrait un jour faire de plus grands désastres que ceux que nous avons déjà connus. Naïf peut être mais réaliste et expliquer avec douceur ! March 05 Harvey MilkAh ! Les vacances scolaires, synonymes de détente et de bons films quand les cinémas sont généreux… A bien y réfléchir, quoi de mieux que d’aller s’enfermer dans des salles obscures quand les bons cinéastes sont au rendez-vous ! Cette fois, un Gus Van Sant à l’affiche avec à ses côtés un Sean Penn tout auréolé de critiques élogieuses pour le dernier bébé du réalisateur d’Eléphant. Encore une fois, quoi de mieux me direz-vous ? Et bien d’y aller, de rentrer dans cette salle et de se laisser porter dans un film tout aussi dur qu’intelligent. Le film retrace les huit dernières années de la vie d'Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l'histoire Le film est très réussit ! Gus Van Sant laisse un peu de côté ses ambitions personnelles pour réaliser un film tout aussi populaire qu’engagé ! Comme quoi, c’est possible ! En défendant les droits des homosexuels dans une ville américaine dans les années 70, le réalisateur se lance dans un projet délicat devant dénoncer tout en restant fidèle à une réalité compliquée et malheureusement vécue par des tas de gens. Et c’est là qu’est la force du film ! Le combat mené par Milk révolte et l’empathie qui prend aux tripes nous lève de notre siège pour mieux suivre cette équipe politique devant faire bouger les choses. Mais à quel prix ? La dramaturgie du film est telle une tragédie grecque vouée à l’horreur et à l’échec après tant d’énergie dépensée au fil des deux heures. Car oui, ce combat contre l’intolérance, le racisme et surtout la connerie humaine est une lutte éternelle. Le film est et sera toujours d’actualité, malheureusement… Mais pour mieux faire passer son message, Gus Van Sant y met une énergie folle. A travers une esthétique léchée et une mise en scène unique, tout est réuni pour faire d’Harvey Milk un film sérieux, intéressant et loin d’être ennuyeux ! On retrouve un cinéaste jouant avec toutes sortes d’images (anciennes, nouvelles, archives, effets de montage ludiques et recherchés…), amplifiant à chaque séquence la force du discours militantiste faisant de chaque spectateur un électeur averti. Et que dire de la mise en scène ? Sean Penn y est fabuleux, son ambition et son sourire fusionnent à merveille créant un personnage attachant et flamboyant. Flamboyant comme le dernier critère de qualité du métrage : le montage ! Le film y est coupé de mille façons, toutes aussi justes les unes que les autres. La narration y est parfaite et comme un opéra, il faut attendre les dernières minutes du film pour mieux être transcendé face à un épilogue révoltant !
December 23 Le prix de la loyautéJe ne sais pas si vous avez remarqué mais de plus en plus de films policiers surfent sur une mode bizarroïde en ce moment, celle de l’ambiguïté extrême. Les flics ne sont plus du tout représentés comme à l’époque et on est en droit de se poser une question essentielle sur ce temps perdu : où sont passés les « bons », opposition nominale à ceux que l’on a appelés les « mauvais ». Que sont devenus ces représentants de l’ordre qui avaient valeurs et morales en poche pour attraper les soit disant « méchants ». Car oui, les truands ne sont plus si truands que cela et pire encore, tout ce petit monde se mélange de façon malsaine donnant aux spectateurs encore amoureux de ce genre là, de drôles de frissons dans le dos. Que ce soit en France avec Olivier Marchal ou aux Etats-Unis avec des gens comme Martin Scorsese ou James Gray, le monde policier est de plus en plus corrompu, de plus en plus instable et cela finit par prêter à confusion. Tout cela pour dire que le nouveau film de Gavin O’Connor s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle tendance hargneuse qui veut que les rôles se confondent. Le prix de la loyauté a donc cette particularité enfouie sous une masse de codes appliqués à merveille réveillant brusquement un genre peut-être un peu endormi. Disons le tout net, le grand film policier américain se réveille doucement mais sûrement avec une multitude de cinéastes engagés et cette fois-ci, aux commandes, un nouveau pétri de talents. Dans la famille Tierney, on est policier de père en fils. Pour ce clan, le code sacré des flics qui consiste à protéger les siens est bien plus qu'un code d'honneur, c'est un code familial. Pourtant, lorsque le scandale se fait plus fort que la loi du silence, chacun va devoir choisir son camp... Quatre policiers sont abattus dans une affaire de drogue, et l'événement fait la une des journaux. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Il se pourrait qu'il se soit agi d'un piège. En effet, les trafiquants semblaient prévenus de l'arrivée de la police... Francis Sr., patriarche des Tierney, charge le jeune Ray de résoudre l'énigme. Rapidement, celui-ci se rend compte que l'affaire cache bien plus qu'un simple fait divers. L'appartement où a eu lieu le crime appartient en fait à un baron de la drogue et le meurtre des policiers ressemble étrangement à une vengeance. La force du film n’est pas singulière. Au contraire, la qualité du métrage puise sa force dans un tas de nuances et de recettes parfaitement respectées. O’Connor réussit là où d’autres auraient pu tomber dans le cliché ou le manichéisme. Le réalisateur utilise un scénario shaker ou tous les ingrédients se superposent à la perfection. On retrouve ainsi une famille explosée en mille morceaux qui doit faire face aux trahisons, aux désillusions, aux coups de folie et aux engrenages d’une société de plus en plus violente. Et pas que dans la famille au sens noble du terme. Car cette descente aux enfers s’effectue partout. Dans la famille de la police et dans la famille des truands si famille il y a. Gavin O’Connor met cela en avant en travaillant et en filmant des personnages principaux que tout oppose. Les liens fraternels sont fragiles et la caméra du cinéaste s’imprègne fabuleusement de cette instabilité faisant tourner la tête du spectateur. Paradoxalement, ces deux frères se dévoilent au fur et mesure avec deux personnalités bien distinctes explosant tout jugement moral à la fin. Impossible de juger qui que ce soit après tant de violences, tant de haine et de folie qui n’a plus de sens dans la défense des sentiments. Enfermer son frère ? Respecter la loi ? Exploser sa famille ? Remettre en cause le système policier ? Assumer un scandale ? Que de questions habitant une histoire forte et intelligente où la folie grossit à chaque séquence, un peu à l’image d’une tumeur inguérissable via le personnage féminin interprété par Jennifer Ehle. Folie caractérisée également par une mise en scène parfaite mettant en avant des corps ballottés entre plusieurs mondes tous aussi complexes les uns que les autres. Tout se mélange. La maladie, la pauvreté, la souffrance (physique et moral), la violence, la joie, les liens affectifs forts et le choix d’une morale aliénante. Aux stigmates appliqués sur les visages des deux protagonistes à la fin du film, on comprend qu’il ne peut y avoir de survie sans souffrance.
December 14 La loi du canapéQue faire lorsque l’on a un peu de temps à perdre ? Regarder des films, c’est pas mal ça, non ? Perso, c’est un de mes passe-temps favoris. Alors, à la maison, quand les salles de cinéma restent assez pauvres en métrages alléchants, je file dans mon canapé et c’est parti ! Ayant un peu laissé tourner mon magnéto au hasard, j’ai fini par découvrir un cinéma américain toujours aussi prévisible et un cinéma français bien laborieux :
La colline a des yeux 2 de M. Weisz L’invité de L. Bouhnik 13 French street de J.P. Mocky
Après la bonne surprise du premier volet (remake du film de Wes Craven), que pouvions-nous attendre de la suite ? Alexandre Aja ayant abandonné le projet, c’était au tour de Martin Weisz d’essayer de surprendre. Pas facile quand on vous commande un film d’horreur essayant de surfer sur les modes du moment… Lors d'une mission de routine, une unité de jeunes soldats de la Garde Nationale fait halte dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du matériel à des scientifiques. Lorsqu'ils arrivent, le camp est désert. Après avoir repéré un signal de détresse dans la montagne voisine, les soldats partent à la recherche des savants disparus... Ils ignorent que ces collines, autrefois hantées par la terrifiante famille Carter, sont aujourd'hui peuplées par une tribu de mutants cannibales qui attendent leurs proies, pour se nourrir et se reproduire. Le film est assez sympathique. Toujours aussi violent et jouissif, le film garde son essence où atrocité et angoisse se mêlent parfaitement. Cette fois, c’est au tour d’une bande de jeunes militaires d’affronter ces créatures mutantes ayant terrorisé la petite famille américaine du film précédent. On y retrouve donc les mêmes décors, les mêmes monstres et la même violence allant plus directement au but, celui de zigouiller tout le monde. Bref, pas de grandes surprises autour du projet donnant au final un ton enlevé et une sensation de continuité fidèle, légèrement en dessous du premier volet. Le film s’inscrit dignement dans la grande culture de la série B US avec un clin d’œil agréable autour d’un discours anti-militariste assumé. Au final, un film sympa sans grand intérêt si ce n’est celui de se faire sursauter dans son canapé.
Ah, le cinéma français !!! Mon magnéto avait envie de me faire rire cette semaine. Avec le film de Laurent Bouhnik (Zonzon), ma curiosité était synonyme de grande peur car un huis clos avec Auteuil, Lemercier et Lhermitte me laissait songeur. Et la bande-annonce, perplexe. Cinquante ans, trois de chômage, des indemnités en chute libre... Gérard est au bout du rouleau, quand s'offre à lui un poste en Indonésie. Pour se concilier les faveurs de son nouvel employeur, Gérard l'invite à dîner à la maison. Erreur fatale ! Affolée à l'idée de ne pas être à la hauteur, sa femme Colette supplie Alexandre, leur voisin de leur venir en aide. Gourou de la communication, Alexandre relève le défi et relooke le couple en vingt-quatre heures. Appartement, décoration, style de vie, menu du dîner, tenues vestimentaires, culture générale... Tout y passe !!!Rebondissements coups de théâtre, bévue et imprévus.... Tout s'en mêle jusqu'à ce que, les nerfs à vif, au comble de l'angoisse, notre couple ouvre enfin sa porte à l'invité. Qui dit huis-clos, dit théâtralité. La France étant championne du monde du vaudeville adapté à l’écran dans la comédie française, L’invité n’échappe pas à la règle et s’inscrit parfaitement dans la grande tradition de ces films ne cherchant qu’une seule chose : faire rire avec les portes qui claquent, les quiproquos à tout va, les interprétations de haut vol, les dialogues hilarants et les situations rocambolesques. Au final, le film est drôle, sympathique mais tellement loin d’être cinématographiquement de qualité. Les plans sont moches, le montage est faiblard et la photographie, absente. Dommage car la comédie a aussi le droit d’être bien filmée, non ? Mais bon… La tradition, c’est la tradition.
En parlant de tradition comique, il en est un qui en est imprégné, c’est Jean-Pierre Mocky. Réalisateur vedette d’un nombre incalculable de films tous aussi barrés que sa personnalité, son nouveau bébé avait tout pour plaire aux fans de la première heure. J’en fait partie. Malgré leur différence d'âge, entre Alex et Victor, une forte amitié s'est tissée durant la guerre du Golfe. Quelques années plus tard Victor est très fier d'inviter son ami pour lui présenter sa superbe femme et son beau manoir de bord de mer. Très vite, Alex va être troublé par la jeune femme de son ancien collègue, Pétra, qui est d'un érotisme débordant. Il semble alors naître, entre Alex et Pétra, une passion avant tout sexuelle, freinée par l'omniprésence de la vieille mère de Victor. Tous les protagonistes vont se retrouver dépassés par les événements et au final, il n'y aura pas de gagnant. Le film est du Mocky pur souche ! Loin de ressembler aux films du moment, le cinéaste continue de cultiver sa folie créatrice à travers une mise en scène artisanale, une réalisation plus ou moins maîtrisée ancrée dans un scénario intemporel. 13 French street fait partie de ces films que l’on aime en tant que cinéphile car la liberté de Mocky est totale. Loin des préoccupations commerciales et artistiques, le cinéaste s’enfonce dans un projet qui lui tient à cœur. Dans ce thriller psychologique, les images qui nous sont proposées sont toutes révélatrices des pulsions du réalisateur. On y retrouve ainsi de nombreux coups de gueule visuels dénonçant une bourgeoisie vénale et une psychologie féminine et masculine pulsionnelle. Bref, un film thérapeutique pour un homme toujours en rébellion face au monde qui l’entoure. Un croche-pied magistral au monde du cinéma ! Un de plus.
November 29 Cadeaux de fin d'annéeOn le sait, les fins d’années sont souvent intimement liées aux vagues de grand froid, d’arrivées des fêtes et de creusage de têtes pour trouver des cadeaux qui ne plairont pas forcement à tout le monde. Mais avant les chocolats dans les chaussettes sur de la cheminée, le père Noël arrive parfois à devancer tout le monde et glisser quelques joyeusetés dans des salles obscures réchauffant à tout point de vue des spectateurs qui n’en demandaient pas tant. Oui, les fins d’années sont propices aux beaux cadeaux cinéphiliques et ce mois de novembre n’a pas échappé à la règle. Ces derniers temps, du lourd, du très lourd avec du français et de l’Américain au meilleur de sa forme. Au programme :
Two lovers de James Gray L’échange de Clint Eastwood Mesrine : L’ennemi public n°1 de JF Richet
Après le surprenant The yards et le somptueux La nuit nous appartient, James Gray revenait avait dans sa hotte un film qui attisait toutes les convoitises. New York. Leonard hésite entre suivre son destin et épouser Sandra, la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux. Entre la raison et l'instinct, il va devoir faire le plus difficile des choix. Film à l’allure classieuse et à l’histoire curieuse, difficile de juger un projet qui avait pour ambition de mélanger l’esthétique du polar avec un fond de romantisme prévisible et poussiéreux. Mais avec un James Gray en pleine forme, l’affaire était dans la poche et le résultat lui est plutôt favorable. Acceptant les codes d’entrée, ce drame romantique se plaît à jouer avec toutes les ficelles connues d’une histoire d’amour se métamorphosant en un dilemme complexe et fatalement entremêlé. Tous les caractères se mélangent et s’entrechoquent un peu comme l’avait fait Paul Thomas Anderson dans Punch drunk love à l’époque ou plus dernièrement Woody Allen dans son dernier film. Ici, tout est plus sombre, plus sérieux et plus passionné. Gray enfonce ses personnages tout comme sa caméra dans un tourbillon d’émotions à qui la passion fait tourner la tête. Mais celle du spectateur tourne également tant le film est beau et plaisant à regarder. Le travail sur les lumières d’une ville, théâtre d’une tragédie, est hallucinant. On y retrouve ses ambiances sombres des polars qui transcendent les caractères. Mais là, la violence n’est pas dans les actes où les revolvers tirent leurs balles à tout va mais plutôt dans les crânes ou cette fois, ce sont les sentiments amoureux qui partent dans tous les sens. Le film est d’une grande intelligence et prend aux tripes sans être agressif. Le cinéaste a ce talent de rester en retrait tout en décryptant à merveille la psychologie de ses personnages où l’humanité transpire à chaque image.
Partons cette fois avec une autre valeur sure du cinéma américain : Clint Eastwood. Que dire de plus sur ce cinéaste qui a déjà tout fait, tout filmé, tout exploré dans ce septième art déjà orphelin de ce génie qui nous quittera un jour, le plus tard possible je le souhaite. Eastwood est tout simplement devenu le meilleur cinéaste de nos jours et à chaque film, il le prouve avec toujours autant de virtuosité, d’énergie et de perfection cinématographique. L’échange en fait de nouveau partie ! Los Angeles, 1928 : un samedi matin, dans une banlieue ouvrière, Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, Walter a disparu. Une recherche effrénée s’ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Désorientée par l’avalanche de policiers et de reporters et par ses propres émotions, Christine ramène le garçon à la maison. Mais au fond de son cœur elle sait qu’il n’est pas son fils. Alors qu’elle essaie de convaincre les autorités de continuer à chercher, elle réalise que dans le contexte d’un Los Angeles en pleine prohibition, il n’est pas question pour une femme de remettre en cause le système et se faire entendre. Accusée d’être délirante et irresponsable, Christine s’allie au très engagé Révérend Briegleb qui l’aide à combattre les autorités de la ville et à chercher son fils disparu. Tiré de faits réels qui ont ébranlé le système judiciaire californien, le film raconte la quête d’une mère pour son fils et met à jour ceux prêts à tout pour la faire taire. Encore une fois, c’est l’enfance qui est le centre névralgique de ce récit il faut bien le dire abominable. Après Mystic river ou Gone baby gone qui avaient eux aussi été basés sur ce même sujet délicat, Eastwood revient avec une histoire vraie qui fait froid dans le dos. On connaissait le goût prononcé du cinéaste à défendre une vraie justice, et encore une fois, on peut dire que justice est faite dans L’échange ! Mais avant tout jugement imbécile ou unilatéral, le but d’Eastwood est assez simple. Pour lui, le fait de mettre en avant une police corrompue, dépassée par les évènements et au-dessus de tout soupçon, montre qu’aucune institution n’est intouchable. Cette fois, c’est toute une police de Los Angeles qui se noie dans l’incompétence, dans le fait de ne pas accepter l’erreur et plus grave encore, d’utiliser son pouvoir pour casser des gens. A l’image du personnage incarné par Angelina Jolie, Eastwood montre à quel point l’engrenage d’un pouvoir peut amener à toutes les dérives. Paradoxalement, la justice est elle : vraie, juste et utile ! Pas celle des forces de l’ordre cette fois… Les qualités du film sont toujours les mêmes. Le cinéaste possède en lui ce talent de transcender ces histoires avec une mise en scène parfaite, une direction d’acteurs profonde et une utilisation intelligente de la caméra. Tout est réglé comme du papier à musique dans ce film qui ne laisse passer aucune erreur, aucune faute de goût. Cette méthode rappelant toujours et encore une forme de classicisme hollywoodien oubliée, Eastwood cultive le bon, le très bon en matière de cinéma et on en veut toujours et encore. Si Mozart avait un fils, on l’appellerait Clint ! lol
Finissons avec le cocorico de ce mois de novembre. Ayant un peu parler du premier volet dans les précédents billets, je dois dire qu’il était nécessaire de boucler la boucle avec la deuxième partie. L’instinct de mort étant plutôt réussi, je dois dire que mon attente était assez forte avec cette pseudo-suite. Et disons le direct, la déception n’est pas de mise ici. A en croire les dires ici et là qui sont venues chatouiller mes oreilles, je dois avouer que je ne comprends pas trop la polémique. Et oui, on dit tellement de bêtises parfois… Avec ses frasques passées en France, et au Canada, Jacques Mesrine est devenu l’ennemi public n°1, la cible des médias, de la police et de l’opinion publique. Il est rentré en France, et avance inexorablement vers son destin, celui d’un homme sans bornes et sans loi, soumis à sa seule liberté absolue. Il joue au chat et à la souris avec le Commissaire Broussard, réussit à faire paraître des interviews choc dans la presse, et trouve en Sylvia Jeanjacquot une alliée de choix. Mais un être libertaire qui défie la loi et les hommes n’a pas une espérance de vie éternelle dans une société policée. Et Mesrine le sait très bien Comparer les deux films serait une erreur ! Pour moi, Mesrine est plus un film de 4 heures que deux métrages bien distincts. Erreur fatale d’ailleurs de Thomas Langmann qui n’a pas réfléchi en sortant à deux semaines d’intervalle les deux volets. Comment voulez-vous que les spectateurs s’y retrouvent ? Foutre près de 20 euros pour voir un film qui n’aurait jamais du être coupé, en temps de crise, je trouve ça déplacé mais bon… Buisness is business ! Rappelons quand même que c’est ce même Thomas Langmann qui avait sorti Astérix avec Bienvenue chez les Ch’tis en face. Bien vu l’ami ! Parenthèse refermée, L’ennemi public numéro un s’inscrit dans la continuité avec ce personnage devenu sur sa fin de vie un fou furieux. Toujours en demande d’argent et de braquages, Mesrine est arrivé à un point de non-retour où violence et folie ne font plus qu’un. L’instinct de mort mettait en place la psychologie du personnage tandis que l’ennemi public numéro un lui, clôt la vie d’un homme devenu boulimique, aveugle et fataliste. Ici, on le suit dans une multitude d’actions toutes aussi invraisemblables les unes que les autres. Braquages multiples, violences morales, physiques, kidnapping et course-poursuite donnant au métrage une action plus poussée et plus divertissante pour un spectateur observant un Vincent Cassel monstrueux. Oui, cet acteur est au métier de comédien ce qu’est Eastwood à la réalisation ! Rien que ça… Le film ne reprend donc que les codes du premier volet pour mieux les grossir. Toujours aucune empathie avec le personnage qui est graveleux, un peu bof et animal. Jean-François Richet a ce talent de ne pas tomber dans la fascination et esthétise une violence propre au cinéma. Avec une mise en scène parfaite et une réalisation de haute volée, Mesrine réussit le pari de créer un film de gangsters français de qualité où la justesse des propose et la belle retranscription des faits ne font qu’un. Du pur talent !
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